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Prix Bob Calle du livre d’artiste 2017, ex-æquo avec Stefan Sulzer

FAHRENHEIT 451’s COMIC est un exercice de reconstruction de l’un des accessoires du film FAHRENHEIT 451 de François Truffaut (1966), adapté du roman éponyme de Ray Bradbury. Il s’agit de la bande dessinée, sans texte, que Montag, le personnage principal, feuillette quelques secondes au début du film alors qu’il est allongé dans son lit à côté de son épouse, Linda.

Pour pouvoir reconstituer cet album, Francesc Ruiz a collecté le peu d’images existantes disponibles : les illustrations originales de la bande dessinée montrée dans le film ainsi que les images provenant de rushes du tournage. C’est sur la base de ces documents que le nombre de pages (8) et le format du journal furent définis. Certains contenus ont été repris : une célébration, un homme et une femme discutant, une réunion du Ku Klux Klan, des scènes de torture.

L’auteur de la bande dessinée est inconnu. Mais l’on sait que Syd Cain, réputé pour son travail dans les films de James Bond de l’époque, participa au design de la production du film de Truffaut, tourné dans les studios Pinewood de Londres. Syd Cain ne réalisa pas le story-board de FAHRENHEIT 451, car Truffaut n’utilisait pas cette technique pour ses tournages. Mais il a très bien pu être sollicité pour réaliser la bande dessinée apparaissant dans le film, même si le style diffère de celui des story-boards que le dessinateur réalisait à cette période.

Par ailleurs, l’une des bandes dessinées les plus populaires de la presse britannique de l’époque était celle publiée dans le Daily Express ayant James Bond pour héros. En janvier 1966, le début du tournage coïncide avec le remplacement de John McLusky, dessinateur de cette bande au style plutôt classique, par Yaroslaw Horak au style plus moderne et novateur.

Prenant cette information en compte, Francesc Ruiz a fait le choix d’intégrer dans sa propre bande dessinée des images extraites à la fois des planches du James Bond de McLusky et de celui d’Horak. Le style de la bande dessinée qui apparaît dans le film est donc inspiré de celui des deux dessinateurs. D’autres vignettes, de conception originale celles-là, furent introduites pour évoquer des thèmes liés à la trame du film et au roman dans un style narratif non linéaire où il est également question de la censure, de la surveillance et de l’autodafé.

Au-delà de l’exercice de reconstruction subjectif de la bande dessinée visible dans le film, Francesc Ruiz s’engage dans une réflexion sur le statut de la bande dessinée comme moyen de communication de masse, détourné dans la dystopie de Ray Bradbury, qu’il situe au même niveau que la pornographie 3D ou la télévision murale.

Journal de 8 pages
30,9 cm x 20 cm
Imprimé en quadrichromie

ISBN : 978-2-9533912-9-9
15 €
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